Grande Loge Nationale Française
Partager :
Accueil Histoire La croyance en Dieu

Accès membre

L'accès est réservé au membre de la GLNF.

De MIDI à MINUIT


Un ouvrage exceptionnel sur les montres réalisées pour les Francs-Maçons intitulé "de MIDI à MINUIT : Les Maîtres Horlogers“ est proposé en souscription avec un tarif réservé aux Frères de la GLNF avant la fin d’année 2014
Lire la suite

Le Livre du Centenaire

Pour le centenaire de la G.L.N.F. un beau livre (380 pages, luxueusement reliées sous couverture embossée avec étui carton - plus de 200 documents inédits).
Feuilleter un extrait
En savoir plus

Conférences publiques Villard de Honnecourt

Thème d’année: Renaissance et lumière
Les anniversaires se succèdent et ne se ressemblent pas. Cette année nous fêterons les 50 ans de notre Loge nationale de recherche. J’ai voulu mettre cet anniversaire sous le signe de la Lumière, qui est l’apanage de notre vocation maçonnique, mais aussi de cette Renaissance dont nous sommes les fils, par les architectures et les œuvres de toutes sortes, mais d’abord par le savoir et les signes. Nous apprendrons à cheminer ainsi de Rabelais à Giordano Bruno, du haut moyen âge jusqu’à l’époque contemporaine, avec ses périls et ses audaces. Cette année de vraie Lumière sera une année de vraie Renaissance, un signe de plus que nous ne rompons pas nos fidélités, mais que nous les enracinons au plus près de notre cœur, là où renaître être la tâche du Maître. 

Les Cahiers Villard de Honnecourt

Les cahiers sont publiés par la grande Loge Nationale Française et s'efforcent d'être un outil de spiritualité au service de l'homme et du Maçon. 
Découvrir l'offre d'abonnement

GLNF Magazine

Vous pouvez télécharger
le GLNF Magazine
n°112 depuis
l'espace privé
du site
 

.

La croyance en Dieu

Photo

La croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers est la référence commune à tous les maçons de tradition. En Ecosse dès 1634 et en Angleterre dès 1646 on trouve les premiers textes attestant du passage  d'une maçonnerie opérative (qui bâtit de ses mains) à une maçonnerie spéculative ( qui réfléchit ) IL était demandé aux maçons opératifs (ceux qui construisaient de leurs mains) non seulement une connaissance étendue de leur métier dont ils transmettaient « les secrets » aux apprentis et compagnons , mais également une vie exemplaire illuminée par la certitude qu'un principe supérieur à l'homme devait les guider. Ce principe supérieur, que les maçons désignent par : le Grand Architecte de l'Univers, transcende et fédère toutes les Religions dans un but évident : rapprocher tous les hommes quelle que soit leur foi dans une Fraternité Universelle et dans le respect mutuel des différences pour bâtir un monde meilleur. Cet esprit particulier des Francs Maçons transparaît dans les Constitutions d'Anderson, dès le titre premier intitulé : «concernant Dieu et la religion. »

Dans la version de 1723, le texte fondamental est le suivant :
"un Maçon est obligé par sa tenure d'obéir à la loi morale; et s'il entend bien l'art, il ne sera jamais athée stupide ni libertin irréligieux. Mais, quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent tenus dans chaque pays d'être de la religion quelle qu'elle fût, de ce pays ou de cette nation, cependant il est maintenant jugé plus à propos de seulement les astreindre à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord, laissant à chacun ses opinions particulières ; c'est-à-dire d'être hommes de bien et loyaux ou hommes d'honneur et de probité par quelques dénominations ou confessions qu'on puisse les distinguer..."

Ce texte fondateur apparaît bien d'inspiration déiste, même si la partie historique des constitutions est résolument théiste. Il impose des obligations morales et distingue clairement la religion des confessions. L'évolution actuelle de cette croyance en Dieu, Grand architecte de l'Univers, à la gloire duquel nous travaillons en tout préambule, pose parfois explicitement la croyance en la volonté révélée de Dieu dont le texte ne fait point mention autrement que dans l'esprit.

L'évolution sociologique, particulièrement en Angleterre amène d'abord - entre 1720 et 1732 - à la réception des juifs en Maçonnerie (M.Shaftesley A.Q.C.92 : 25-45 ; 1979). De surcroît Newton - dont on sait l'influence sur le rédacteur des constitutions, le pasteur Désaguliers - était unitarien (ne croyant donc ni en la Trinité, ni en la divinité du Christ) mais se considérait bien comme chrétien. Ainsi s'explique que la version de 1738, fondement d'un véritable universalisme, modèle la phrase concernant "la religion sur laquelle tous les hommes sont d'accord " en ajoutant : "car ils sont tous d'accord sur les trois grands articles de Noé, [ce qui est] assez " pour préserver le ciment de la Loge...".

Parmi les sept commandements noachides, les trois premiers sont particulièrement essentiels :
Interdiction de rendre un culte aux idoles, respect absolu du nom divin, interdit de répandre le sang. En fait l'exégèse religieuse de l'époque considérait que le christianisme était conforme à une religion traditionnelle originelle connue dès les premiers temps et couronnée par le Christ : " la vraie, primitive, catholique et universelle religion, reconnue comme telle dans tous les temps et âges et confirmée par N.S. Jésus Christ..." (Longlivers 1722, London).
Ultérieurement, au XIXe siècle, l'expansion aux Indes amènera l'entrée de musulmans, hindous, parsis, sikhs et étendra ainsi la notion de Religion Traditionnelle. D'ailleurs en Grande Bretagne, un des reproches des "Anciens" aux "Modernes" était justement d'avoir déchristianisé le rituel en omettant les prières et fêtes des Saints !

Quant à la Maçonnerie française, on sait fort bien qu'elle fut traversée de divers courants dès le XVIIIe siècle :
L'un chrétien, voire mystique, l'autre libéral (parfois évoqués sous les qualificatifs de "jacobites" et "hanovriens") qui n'eurent pas les mêmes attitudes vis-à-vis des courants révolutionnaires.

La seule séparation absolue, après la paupérisation Maçonnique de la première moitié du XIXe siècle, fut la "voie substituée" (lire l'ouvrage de Jean Baylot) dont l'aboutissement fut le rejet par le Grand Orient de France en 1877 de l'obligation de croyance en Dieu et du Grand Architecte de l'Univers. Relevant de l'histoire contemporaine, le retour aux sources de la croyance en Dieu par la Grande Loge Nationale Française, et donc à l'universalité, date de 1913.

La Franc-Maçonnerie est ainsi compatible avec toutes les religions et ne prêche aucun anticléricalisme. Ce n'est pas non plus le substitut d'une religion car elle n'impose pas de doctrine théologique et elle refuse tout débat religieux dans les Loges ; elle n'administre aucun sacrement ; elle ne prétend pas conduire au salut mais seulement aider ses membres à se réaliser dans le respect de la foi qui leur est propre.

A la construction Maçonnique matérielle se substitue désormais l'idée d'une mise en chantier allégorique. Il s'agit de promouvoir les valeurs morales et spirituelles qui conduisent à un perfectionnement individuel et social, par un enseignement effectué sous le voile de l'allégorie au moyen de symboles dont certains peuvent être observés dans diverses religions (triangle, oeil, lumières, rythmes, voire même formules symboliques).

Les cérémonies pratiquées ne miment en aucune manière un culte mais tendent par l'agencement des symboles et des présentations orales à une union favorable - dans la fidélité aux devoirs que le Franc-Maçon a librement contractés - au perfectionnement moral et spirituel qu'il a entrepris et doit faire partager à ses Frères.

Ainsi se crée ce "Centre de l'Union, et moyen de nouer une amitié sincère entre des personnes qui n'auraient pu que demeurer perpétuellement étrangères" (constitutions 1723). Ces universaux expliquent la diffusion de cette fraternité contribuant à l'amélioration morale et spirituelle de l'humanité, aux fins de mettre en oeuvre un idéal de paix, de tolérance et de fraternité entre tous les hommes, à commencer par les 7 à 8 millions de Francs-Maçons de Tradition.

Ainsi, la croyance en Dieu, Grand Architecte de l'Univers, demeure-t-elle, pour toutes les Grandes Loges Indépendantes du monde, le critère essentiel de régularité et de fidélité aux "anciens devoirs".