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La Franc-Maçonnerie spirituelle

INTRODUCTION SUCCINCTE

A

LA FRANC-MAÇONNERIE SPIRITUELLE

DANS LE RESPECT

DE LA «REGLE» FONDAMENTALE

DE L’ORDRE

Ces propos s’adressent aux «hommes de bonne volonté» qui désirent obtenir des informations objectives et sérieuses sur l’authentique franc-maçonnerie traditionnelle et spirituelle, telle qu’elle est pratiquée par ses 8 millions d’adeptes à travers le monde.

Ces propos peuvent s’adresser aux «profanes», c’est-à-dire à ceux qui sont devant le temple et qui veulent être éclairés avant de faire le pas, volontairement, pour être initiés.

La présentation de notre Ordre comme le seul représentant de la franc-maçonnerie régulière dans notre pays n’est que le résultat de l’histoire de la franc-maçonnerie en France.

On ne saurait marquer ainsi une sorte d’appréciation de valeur de toutes les autres fraternités et laisser entendre que les autres obédiences maçonniques françaises, improprement dénommées irrégulières, sont certainement de bonne volonté mais de moindre valeur. Cette expression tient simplement à souligner que les autres obédiences ont supprimé la «règle» en douze points de la franc-maçonnerie traditionnelle et qu’ainsi elles ne peuvent participer aux tenues régulières des loges placées sous l’autorité des Grandes Loges respectant cette «règle».

La «règle» en douze points est conservée par la Grande Loge Unie d’Angleterre, Grande Loge mère de toutes les Grandes Loges régulieres du monde.

Du fait que la GRANDE LOGE NATIONALE FRANÇAISE respecte cette «règle» en douze points, elle est reconnue par toutes les Grandes Loges du monde.

Son adresse et son numéro de téléphone figurent à l’annuaire. Non seulement elle n’interdit pas à ses membres de faire connaître leur qualité de françs-maçons mais ceux-ci s’honorent de la posséder.

Quel est notre passé ? Qu’est-ce exactement que la «régularité maçonnique ?» Quels sont nos principes et nos buts ? Comment répondre, enfin, à quelques questions fréquemment posées ?

C’est ce que nous allons expliquer succintement.

 

I

APERÇU HISTORIQUE

La franc-maçonnerie a eu sa «légende dorée». Inutile de nous y attarder. «Laissons là les folies de Memphis...» avait déjà dit, en 1784, un franc-maçon illustre: Joseph de Maistre.

On sait qu’au Moyen-Age les métiers étaient groupés en corporations et que chaque corporation comportait la hiérarchie des apprentis, des compagnons et des maîtres. L’une des corporations les plus vénérables était assurément celle de ces bâtisseurs ou maçons qui construisirent, notamment, les cathédrales. D’elle nous viennent les trois grades maçonniques actuels, devenus «symboliques», comme aussi nos symboles tirés de l’art de bâtir (compas, équerre, maillet, ciseau, levier, truelle, tablier, etc.) et le mot «loge» lui-même. L’imagination aidant, on a cru longtemps que cette franc-maçonnerie «opérative» occultait de mystérieuses doctrines ésotériques, venues de l’Orient. C’est là une légende, dont la moderne critique historique a fait justice. Les plus anciens documents maçonniques, tel le poème Regius du XIVe siècle infirment cette hypothèse. Une autre erreur consiste à confondre la Maçonnerie avec le Compagnonnage.

Pour les anciens maçons, leur art se rattachait mystiquement à la construction du temple de Jérusalem et au roi Salomon, d’où le terme d’art royal pour qualifier la maçonnerie. Lorsque, sur le continent, le style gothique déclina, la vénérable corporation se maintint dans la traditionaliste Angleterre. Ce fut en 1717 que quatre loges londoniennes fusionnèrent pour fonder ia première Grande Loge, dont en 1723, le révérend James Anderson écrivit les Constitutions, charte de la maçonnerie spéculative moderne. Comment la transition s’était-elle faite entre la maçonnerie opérative médiévale et cette dernière ? Grâce à l’institution dite de l’«acceptation», particulièrement pratiquée aux XVIIe et XVIIIe siècles. C’était là un honorariat, conférant le titre de maçon à des membres étrangers à l’art de bâtir, en général à des amateurs distingués ou à des mécènes. Lorsque ceux-ci finirent par devenir une majorité, l’évolution se trouva achevée. A la construction en pierre se substitua l’idéal d’une mise en chantier allégorique. Le travail sur la pierre brute en vue de la rendre cubique prit la haute signification spirituelle et morale qui lui est restée, et qui est le but même de l’Ordre.

Au XVIIIe siècle, la maçonnerie essaima des îles britanniques sur le continent, puis sur les autres parties du globe, mais comme toute institution humaine elle connut des déviations, et tout spécialement en France. Certaines s’inspirèrent de l’occultisme ; d’autres versèrent dans la politique suivant un processus qu’un moderne historien de l’Ordre a justement appelé «la voie substituée». Ce sont ces déviations que présentent, de nos jours encore, les diverses formations se réclamant toujours du titre d’obédiences maçonniques, mais justement qualifiées pour cette grave raison d’irrégulières. Dans notre pays, ces formations sont: le Grand Orient de France, la Grande Loge de France, le Droit Humain, et quelques autres de moindre importance. Notre propos n’est en rien de les attaquer dans les décisions qu’elles ont cru devoir prendre, mais de montrer objectivement qu’en agissant ainsi elles ont perdu - à des degrés différents - le caractère maçonnique.

En 1913, se produisit en France un événement capital : la résurrection de la Franc-Maçonnerie régulière. Un groupe de maçons fidèles aux traditions et au véritable esprit de l’Ordre dans le monde, fonda la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière pour la France et les colonies françaises, immédiatement reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre, et qui, en 1948, prit son nom actuel de Grande Loge Nationale Française.

Encore que ses effectifs ne cessent de croître, cette obédience ne prétend pas à la prééminence numérique, mais elle est, à coup sûr, la plus importante des obédiences françaises, car elle est la seule à être reconnue, c’est-à-dire considérée comme un authentique corps maçonnique par toutes les Grandes Loges régulières de la planète, totalisant plusieurs millions de membres, et par la mère de toutes ces obédiences, la Grande Loge Unie d’Angleterre. C’est là le fait primordial, celui que le public, comme l’aspirant franc-maçon se doivent de ne jamais perdre de vue.

 

II

QU’EST-CE QUE LA REGLE ?

Ce sont ces reconnaissances et l’éminente situation internationale qui en résulte, qui commandent de dire que non seulement la G.L.N.F. représente en France la maçonnerie régulière mais qu’elle seule la représente. La régularité implique cependant certains criteriums internes, auxquels elle se reconnaît. Quels sont-ils ? Poser cette question, c’est poser celle de l’essence même de notre institution. En termes clairs, qu’est-ce que la franc-maçonnerie ? Notre rituel y répond par ces paroles simples, aussi éloignées qu’il est possible d’un système philosophique nébuleux : «La franc-maçonnerie est un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles».

Cette vérité se décompose, à l’analyse, en deux propositions :

I. - SYSTEME PARTICULIER DE MORALE.

La base de cette méthode, ce qui la rend «particulière», n’est autre que la glorification du travail. Elle s’explique par nos origines. Demeurés des constructeurs, nous avons transposé la destination des outils de nos ancêtres.

II. - ALLEGORIES ET SYMBOLES.

Tout enseignement peut se concevoir de deux manières : la méthode rationnelle ou l’image. Sans méconnaître, certes, la valeur de la première, la maçonnerie use de la seconde. Elle ne fut pas la seule à en user. Il n’est que de faire référence aux paraboles évangéliques.

Cette méthode peut cependant ne pas convenir à certaines intelligences, même brillantes ; telle est la raison pour laquelle tout homme n’est point initiable. L’initiation présuppose une sélection, une qualification et une vocation.

Ainsi défini, l’idéal du travail postule une technique. C’est l’Art. La franc-maçonnerie est donc essentiellement une ascèse, un mode de perfectionnement humain. C’est là le sens de l’image «rendre cubique la pierre brute». Une pierre isolée, si belle fut-elle, serait cependant un non sens architectural. Sa finalité est d’être ajustée à d’autres pierres, en vue d’ériger selon certaines normes, dans l’ordre, l’équilibre et la beauté, la cathédrale symbolique. Le perfectionnement individuel conduit ainsi à l’idéal d’un ordre social. Il faut cependant aller plus loin encore. L’univers est visiblement une construction. Comme tout édifice, il révèle donc un constructeur. L’esprit conçoit ainsi logiquement un Grand Architecte de l’Univers : Dieu. On aperçoit dès lors sans peine comment et pourquoi, en biffant cette dernière formule de leurs constitutions ou en la vidant de sa signification claire et précise, certaines formations irrégulières se sont mutilées au point de perdre le support essentiel de tout symbolisme maçonnique. L’irrégularité peut être là, si l’on ose dire, touchée du doigt.

La maçonnerie s’interdit toutefois d’aller plus loin. Elle n’est pas une religion. Loin de contredire les religions, elle leur marque, bien au contraire, son respect en ne se substituant pas à elles. Elle est compatible avec toutes. Elle n’est incompatible qu’avec l’athéisme. Ici cependant, une précision s’impose, touchant la conception qui, de temps immémorial, a été la sienne, du Grand Architecte de l’Univers. Il est le Créateur et cela sans équivoque ni échappatoire panthéiste ou immanentiste. Il n’est pas un symbole. En termes nets, la Franc-Maçonnerie régulière est théiste.

En outre, et contrairement à une interprétation qui a toute la tradition maçonnique contre elle, la Franc-Maçonnerie n’entend pas davantage être une synthèse des religions, ni une sorte de super-religion qui les «coifferait» toutes. Comment pourrait-elle y prétendre ? Elle ne se proclame, en effet, dépositaire d’aucune révélation. Un magistère maçonnique n’existe pas. L’Ordre maçonnique, n’empiétant sur le domaine d’aucune religion, compatible avec toutes, ne se superpose pas à elles, mais offre une spiritualité en quelque sorte latérale, et qu’il est le premier à tenir pour facultative, car non seulement nul n’est obligé d’adhérer à son idéal mais c’est à une élite qu’il s’adresse.

 

III

LES PRINCIPES DE LA G.L.N.F.

En soi, cet idéal n’exige pas absolument une organisation ni une administration. Notre Frère Lessing l’avait déjà dit à sa manière dans son piquant petit livre «Propos pour les franc-maçons». Pratiquement, cependant, sans une organisation, l’idéal maçonnique demeurerait en quelque sorte désincarné, d’où la nécessité de lui donner un corps.

On nomme «loge» un groupement de franc-maçons. Chaque loge porte un nom et un numéro d’ordre. C’est la cellule de base. Elle est présidée par un Vénérable Maître, assisté de deux surveillants et divers officiers : secrétaire, trésorier, etc.

On nomme «obédience» un ensemble de loges. A la tête d’une obédience se trouve le Grand Maître, assisté de Grands Officiers. Il ne doit exister qu’une seule obédience par nation, comme il sera dit plus loin. Pour la France, l’obédience régulière est la G.L.N.F. et, par voie de conséquence, elle seule est régulière.

Les principes de base de la G.L.N.F. ont été formulés en une règle en douze points, que le public est en droit de connaître, et à plus forte raison les aspirants francs-maçons. Nous la transcrivons donc littéralement, chacun des douze points étant suivi d’un bref commentaire.



DE LA FRANC-MAÇONNERIE

1. - La franc-maçonnerie est une fraternité initiatique qui a pour fondement traditionnel la foi en DIEU, Grand Architecte de l’Univers.

Telle est la clef de voûte.

Les maçonneries irrégulières ont parfois tenté d’ergoter sur le sens du «Grand Architecte de l’Univers», de le réduire à un pur symbole. Aucune équivoque n’est permise ; il désigne le Créateur tout-puissant et éternel : DIEU.

2. - La franc-maçonnerie se réfère aux «Anciens Devoirs» et aux «Landmarks» de la fraternité, notamment quant à l’absolu respect des traditions spécifiques de l’Ordre, essentielles à la régularité de sa juridiction.

Ces «Anciens Devoirs» sont les Old Charges de la franc-maçonnerie opérative médiévale, dont le texte nous est connu par un nombre important de manuscrits. Celles de leurs dispositions relatives à des devoirs corporatifs aujourd’hui disparus ou à la technique du bâtiment ne conservent qu’une valeur de souvenir, mais d’autres ont été transposées allégoriquement à l’usage des ateliers de la franc-maçonnerie spéculative.

Les «Landmarks» désignent les vérités fondamentales et essentielles qui font que l’Ordre est l’Ordre et non une entité différente. Ils sont intangibles. L’ablation d’un Landmark équivaudrait à ôter la nature maçonnique elle-même d’une cérémonie ou d’un acte rituel. Citons comme exemples l’obligation pour les maçons de se réunir en loge, les modes de reconnaissance, l’existence de la «Grande Maîtrise», etc.

Les «Landmarks» ne sont pas des symboles, mais des règles explicites et impératives, dont la discussion n’est pas admise.

Ils sont toutefois d’origine humaine et ne sont pas des dogmes.

3. - La franc-maçonnerie est un Ordre auquel ne peuvent appartenir que des hommes libres et respectables qui s’engagent à mettre en pratique un idéal de paix, d’amour et de fraternité.

Cet article implique la règle de l’exclusion des femmes. Cette exclusion s’explique :

a) par nos origines opératives : il n’existait pas de «maçonnes».

b) par de hauts motifs de convenance, dans une société fermée. Le pire des contresens serait d’y voir quelque jugement défavorable au sexe féminin que, bien au contraire, l’Ordre respecte et honore. Dans nombre de loges, il est même d’usage de demander au candidat marié l’accord de son épouse, afin de préserver l’harmonie de son foyer.

Tous rapports avec des obédiences irrégulières purement féminines ou «mixtes» est rigoureusement prohibé.

Appartenir au sexe masculin ne suffit cependant pas, et le même article définit l’homme initiable, et les qualités exigées pour le recevoir.

4. - La franc-maçonnerie vise ainsi, par le perfectionnement moral de ses membres, a celui de l’humanité tout entière.

Ainsi, l’idéal collectif, voire universel, procède de celui réalisé en chaque franc-maçon.

5. - La franc-maçonnerie impose à tous ses membres la pratique exacte et scrupuleuse des rituels et du symbolisme, moyens d’accès à la connaissance par les voies spirituelles et initiatiques qui lui sont propres.

L’histoire des rituels dans les obédiences irrégulières est celle d’une déformation poursuivie depuis un siècle et demi avec persévérance. Les unes les ont expurgés et «laïcisés» au gré des rationalistes au point de les avoir vidés de toute substance. C’est ainsi qu’au Grand Orient de France le port du tablier lui-même est devenu facultatif ! D’autres les ont bourrés et en quelque sorte truffés d’adjonctions fantaisistes, souvent occultistes.

La G.L.N.F. admet la diversité des rites, à la condition qu’ils soient pratiqués dans leur pureté.

6. - La franc-maçonnerie impose à tous ses membres le respect des opinions et croyances de quiconque. Elle leur interdit en son sein toute discussion ou controverse politique ou religieuse. Elle est ainsi un centre permanent d’union fraternelle où règne une compréhension tolérante et une fructueuse harmonie entre des hommes qui, sans elle, seraient restés étrangers les uns aux autres.

Cet article doit être bien compris. La franc-maçonnerie n’interdit pas les divergences de pensée chez ses membres. Elle respecte notamment leurs opinions religieuses, et il est dès lors faux de prétendre, comme les obédiences irrégulières, qu’elle condamne les dogmes. Une religion sans dogmes serait en effet inconcevable. Or précisément, tout maçon est libre de sa religion. La vérité est qu’en tant que telle, la maçonnerie n’énonce pas de dogmes, ce qui est tout différent.

Le dogmatisme individuel n’exclut nullement le respect de la pensée d’autrui, serait-elle dogmatique elle-même.

Les derniers mots de cet article sont tirés des Constitutions d’Anderson. On pourrait les résumer fidèlement d’un mot : la franc maçonnerie est un lieu géométrique.

Les sujets politiques ne doivent jamais être débattus en loge. Ils divisent en effet les hommes et sont incompatibles avec un idéal d’harmonie fraternelle. C’est là une autre différence entre la maçonnerie régulière et les pseudo-maçonneries, au sein desquelles les discussions politiques sont courantes, voire même les préoccupations d’ordre électoral. Un membre de la G.L.N.F. qui interrogerait directement un frère sur ses opinions politiques ou ses votes serait tenu pour coupable d’une inadmissible indiscrétion.

7. - Les francs-maçons prennent leurs obligations sur un Volume de la Sainte Loi afin de donner au serment prêté sur Elle le caractère solennel et sacré indispensable a sa pérennité.

8. - Les francs-maçons s’assemblent, hors du monde profane, dans des loges où sont toujours exposées les trois grandes lumières de l’Ordre : le V.S.L., l’équerre et le compas, pour y travailler selon le rite, avec zèle et assiduité et conformément aux principes et règles prescrits par la Constitution et les Règlements Généraux de l’obédience.

Ces deux articles sont inséparables.

Le compas symbolise généralement la rectitude de nos conceptions théoriques, motif pour lequel ses branches sont mobiles.

L’équerre symbolise la règle morale, motif pour lequel ses branches sont rigides.

Compas et équerre sont dès lors complémentaires, mais il serait dépourvu de sens qu’assemblés ils reposent sur le vide. C’est sur le Volume de la Sainte Loi (V.S.L.) qu’ils doivent être posés, et ce dernier est donc «la plus importante des trois grandes lumières». Il recèle la Loi ou Volonté Divine.

Le serment est prêté sur le V.S.L. qui engage la conscience du candidat. En Europe et en Amérique, ce livre est la sainte Bible ouverte selon le rite, à l’Ancien ou au Nouveau Testament - Livre des Rois ou Evangile de Saint-Jean. Si le candidat est musulman, le serment peut être prêté sur le Coran.

Ce qui est interdit est d’enlever au rite du serment tout caractère religieux, de le laïciser en une parole d’honneur, en «une simple promesse» où Dieu n’aurait aucune part.

9. - Les francs-maçons ne doivent admettre dans leurs loges que des hommes majeurs, de réputation parfaite, gens d’honneur, loyaux et discrets, dignes en tous points d’être leurs Frères et aptes à reconnaître les bornes du domaine de l’homme et l’infinie puissance de l’Eternel.

Le fils d’un franc-maçon ou «louveteau» jouit d’un droit de priorité sur la liste des candidats en attente.

10. - Les francs-maçons cultivent dans leurs loges l’amour de la patrie, la soumission aux lois et le respect des autorités constituées. Ils considèrent le travail comme le devoir primordial de l’être humain et l’honorent sous toutes ses formes.

Au XIXe siècle, les loges ont parfois servi d’abri à des conspirateurs. Ce sont de tels errements - communs à toutes les sociétés humaines - qui ont favorisé le phénomène de l’«irrégularité» et de la «voie substituée». C’est pour en empêcher à jamais le retour que cet article existe.

A noter que les errements dénoncés ne furent jamais ceux de la Grande Loge Unie d’Angleterre ni, de sa naissance en 1913 à nos jours, ceux de la G.L.N.F.

Dans les banquets maçonniques comme dans l’«agape» fraternelle et frugale qui souvent complète les travaux et où l’esprit fraternel s’épanche dans la joie, un toast obligatoire est porté au chef de l’Etat.

11. - Les francs-maçons contribuent, par l’exemple actif de leur comportement sage, viril et digne, au rayonnement de l’Ordre dans le respect du secret maçonnique.

Le public sera porté naturellement à juger l’Ordre d’après ses membres. C’est dire la responsabilité de ces derniers dans le monde. Nombreuses sont les vocations maçonniques déterminées par la conduite exemplaire d’un ami franc-maçon.

Toutefois, si un vrai maçon régulier doit toujours marcher dans la vie «selon l’équerre», il n’est pas tenu de dévoiler à tous, les étapes de son ascèse ni les processus par lesquels la pratique maçonnique soutient sa vie intérieure. C’est là le sens de la réserve tirée du secret maçonnique (1).

12. - Les francs-maçons se doivent mutuellement, dans l’honneur, aide et protection fraternelle, même au péril de leur vie. Ils pratiquent l’art de conserver en toute circonstance le calme et l’équilibre indispensables à une parfaite maîtrise de soi.

Les mots essentiels de ce magnifique programme de vie sont «dans l’honneur». Ils excluent les complicités inavouables, les solidarités sordides, en bref l’«irrégularité» dans les actes, laquelle n’est que le fruit de l’irrégularité des principes.

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(1) On lit dans l’Imitation de Jésus-Christ : «Ce qui sort des pratiques communes ne doit point paraître au dehors ; il est plus sûr de remplir en secret ses exercices particuliers». (1, 19). - Nul n’est forcé de devenir franc-maçon. Ascèse facultative, moyen de perfectionnement spirituel convenant à certains esprits mais non à d’autres, la franc-maçonnerie se dévoile à l’adepte dans le secret de son cœur. Il n’est pas interdit de lui appliquer ce précepte de la vie contemplative.



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